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De la Kodak Brownie 1 dollar au photogramme vidéo

  • 6 mars
  • 2 min de lecture

 Kodak Brownie, 1900 — et la fin du fétichisme.



En 1900, Kodak lance la Brownie.

Un boîtier en carton. U

n objectif rudimentaire.

Prix : un dollar.


Ce n’était pas une caméra professionnelle.

Ce n’était même pas une bonne caméra — au sens technique du terme.


Et pourtant, elle a tout changé.


Pour la première fois, l’image n’appartenait plus aux studios,

aux portraitistes, aux équipements coûteux.

Elle appartenait à celui qui regardait.


Des millions de personnes qui n’avaient jamais osé

considérer le monde comme quelque chose à conserver

ont soudainement tenu une caméra entre leurs mains.


Et certaines d’entre elles avaient un regard.


Il y a une obsession dans le monde de la photographie

qui me fatigue profondément : celle du matériel.


Le boîtier. L’objectif. La résolution. Les stops de dynamique. Le capteur plein format.

Comme si l’image naissait dans la machine — et non dans celui qui la tient.


Cartier-Bresson a fait certaines de ses images les plus connues avec un Leica mécanique que n’importe qui pouvait acheter.

Vivian Maier photographiait avec un Rolleiflex d’occasion, trouvé dans une brocante.


La question n’a jamais été l’appareil.

Elle a toujours été le regard.


Je vais vous parler de mon propre chemin.

Depuis onze ans, je ne déclenche pas. Je filme.


Mais je filme comme on déclenche : bref, précis, irréversible.

Quelques secondes.

Un geste discret — dans le métro de Londres, dans la rue, dans ces espaces où les gens oublient qu’ils sont regardés.


Scène en noir et blanc : trois personnes vues de profil dans un intérieur, une jeune fille au premier plan à droite, deux figures à gauche.
© Alonso — Atelier Alonso, Arles.

Pendant huit de ces années, j’ai consacré cette recherche à une seule obsession :

le flou artistique. Pas comme défaut. Comme langage.


Ce processus ressemble plus qu’on ne le croit à celui d’un photographe argentique.

Un film de 36 poses n’est pas une collection. C’est une sélection.


Devant la planche contact, dans la chambre noire, on cherche — parmi des images qui se ressemblent sans être identiques — celle qui contient la vérité du moment.


Moi, je fais exactement la même chose.


À la différence près que ma planche contact, c’est le temps.


Un flux vidéo capture 24, 30 ou 60 images par seconde. Et dans cet atelier silencieux — mes yeux devant l’écran — je cherche. Je tranche. Je décide.


L’instant décisif existe dans mon travail aussi. Seulement, il se vit deux fois :

une fois quand je filme, une deuxième fois quand je sélectionne.

Double regard. Double décision.


Portrait flou en noir et blanc chaud d’une femme de profil tenant une cigarette.
© Alonso — Atelier Alonso, Arles.

Les images que vous voyez ici ne sont pas des photographies au sens classique.

Elles sont nées de photogrammes vidéo — le flou y est un langage — puis travaillées dans Photoshop et imprimées sur papier Fine Art.


Ce qui a coûté cher, ce n’est pas l’appareil. C’est le regard. Et les onze ans passés à l’affiner.

La Brownie l’avait déjà dit, en 1900.

L’image n’a jamais été un problème de matériel. C’est un problème de regard —et de fidélité au regard.


Atelier Alonso. Arles.

Impression Fine Art. Éditions limitées.

Atelier Alonso — Tirage Fine Art · Lecture de portfolio · Arles
Sur rendez-vous · WhatsApp : +33 6 25 03 05 67
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